Le retable d'Issenheim va être restauré!

Le retable d'Issenheim, chef-d'œuvre du gothique tardif conservé au musée Unterlinden et qui lui vaut sa renommée internationale, va être restauré grâce au mécénat de la Fondation du Patrimoine. Celle-ci alloue à la Société Schongauer, gestionnaire du musée, une subvention de 100.000 euros pour la restauration de cette œuvre monumentale. La délégation Alsace de la Fondation du Patrimoine va également s'employer à convaincre des entreprises régionales d'intervenir en faveur du projet.
Une convention de mécénat sera signée
jeudi 28 avril 2011 à 17h
au musée Unterlinden de Colmar (68),
par Charles de Croisset, président de la Fondation du Patrimoine,
et Jean Lorentz, président de la Société Schongauer,
en présence de Pierre Goetz, délégué régional Alsace de la Fondation du Patrimoine,
Gilbert Meyer, maire de Colmar,
Denis Louche, directeur régional des affaires culturelles,
et Delphine Gougeon, directrice des affaires culturelles et du sport au Conseil Régional d'Alsace.
Il ne s'agit pas d'une restauration fondamentale nécessaire lorsqu'une œuvre est ruinée, ce qui n'est pas le cas du retable d'Issenheim. Les restauratrices Carole Juillet et Florence Meyerfeld proposent de fait un amincissement des derniers vernis. Le dégagement de certains repeints maladroits et dénaturant l'œuvre de Grünewald en masquant la composition originale seront aussi nécessaires (par exemple le ciel étoilé de la Résurrection et la présence dans le même panneau de soldats en arrière-plan qui aujourd'hui sont invisibles).
Cette restauration permettra de parfaire l'étude du retable, en complément des analyses scientifiques réalisées par le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) entre 2000 et 2004.
Le retable est constitué d'un ensemble de plusieurs panneaux peints qui s'articulent autour d'une caisse centrale dans laquelle prennent place des sculptures. Il possède au total trois faces illustrées. Les volets pouvaient être ouverts pour illustrer les différentes périodes liturgiques durant le culte, lors des fêtes correspondantes. Pendant les jours ordinaires, c'est la Crucifixion qui était donnée à voir aux malades.
C'est une œuvre de grandes dimensions (3,30 m de haut et 5,90 m de large) qui répond à un programme iconographique dense: représenter la vie du Christ et celle de saint Antoine l'Ermite (231-356). Grünewald y mêle réalisme morbide et fantastique, maniérisme et dépouillement, intensité dramatique et naturalisme, réalisant un ensemble monumental, unique et sans précédent.
Il est resté conservé dans le couvent des Antonins d'Issenheim jusqu'à la Révolution et pour empêcher sa destruction, il est transporté à Colmar, en 1792, à la Bibliothèque Nationale du District. En 1852, il est transféré dans l'église de l'ancien couvent des Dominicaines d'Unterlinden, où il constitue le joyau du musée qui s'y organise alors et où il ne cesse de fasciner et d'envoûter ceux qui le contemplent.








